dimanche 16 mai 2010

En vrac

L'homme thermometre
40 (le matin), 41, 42, 43, 44, 45, 45.5, 46, 46.1, 46.2, 46.3 (chaque dixieme de degres se fait plus brulant que le precedent).. Et pourtant dans mon petit bureau a moitie climatise, je continue a bosser (et pas qu'a moitie) et a envoyer ma petite equipe faire le boulot de terrain, sous bonne protection vestimentaire, voyez plutot:
A ce propos, un petit proverbe soufi qui est un peu mon principe directeur ces derniers jours: Maan maar ke kaam karnaa (faire son travail en tuant les pensees ou sensations exterieures, en l'occurrence la chaleur).
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Manali
J'ai pris quelques jours de vacances il y a deux semaines, et j'ai file plein nord vers les Himalayas et la petite ville de Manali, a une nuit de bus de Delhi sur la route du Ladakh. Je pensais au depart passer plus de temps a Delhi mais j'ai finalement decide a la derniere minute d'aller prendre le frais dans les montagnes. Du coup, pour cause de depart precipite, j'ai oublie pas mal de trucs chez mon ami Tato qui m'hebergeait dans la capitale: L'appareil photo (vous allez m'en vouloir), l'ipod (comment ai-je survecu?) et le passeport (comme d'hab). Comme je voulais eviter les mauvaises surprises dans les hotels en voyageant sans passeport, j'ai choisi de partir a pied depuis la gare routiere, dans la direction la plus esthetique pour passer la nuit en montagne. Apres avoir perdu pas mal d'energie sur un versant assez raide mais heureusement ombrage -j'aurais jamais du suivre ce foutu chien- je suis tombe sur un restau tenu par des penjabis dans un village sorti de nulle part, et le chien m'a fausse compagnie apres que je lui ai file les os de mon copieux biryani, ou la reconnaissance du ventre a l'envers. J'ai ensuite suivi une petite route qui semblait mener vers un joli cirque enneige en fond de vallee. Au fil des kilometres, et apres avoir coupe par un camp militaire abandonne, j'ai vu avec horreur la route s'elargir de plus en plus, par contre je n'ai croise rien d'autre que des camions de travaux publics. 15 kilometres plus tard, je dois admettre que la route, quoiqu'impressionante ne mene nulle part. Le cirque enneige parait hors d'atteinte avant la nuit, et les pentes qui bordent la route ne sont vraiment pas accueillantes. Plutot que de dormir sur le bas cote, au risque d'etre devalise par des ouvriers du chantier ou ecrase par un chauffeur de camion bourre, je vais quand meme checker les tentes un peu plus haut que la fin du chantier. Bonne intuition, ce que je croyais etre un camp d'ouvriers est en fait un camp d'aventures de l'ecole des guides de Manali, qui accueille des jeunes indiens 'des plaines' (Bombay en l'occurrence) pour leur faire decouvrir les joies de la luge sur les neves environnants. Apres m'avoir traite d'inconscient, le chef du camp me propose de dormir dans une tente inoccupee. Les guides de montagne sont partout les memes quand il s'agit de casser du touriste, mais en l'occurrence il avait 100 fois raison: pas de vetement de pluie, un gilet en coton pour tout vetement chaud, et un duvet temperature de confort 15degres, je pense que sans son aide, ma petite couverture de survie n'aurait pas ete de trop. Surtout qu'il a plu toute la nuit.... Le lendemain j'ai reussi a me balader dans le vallon en passant entre les gouttes, et de retour au camp j'ai accepte la proposition de Ganshyam (le guide) de me conduire a la guesthouse de l'ecole d'aguerrissement en montagne de Manali -ca m'a rappele Barcelonette- un peu plus bas. Depuis ce camp de base un peu plus confortable, j'ai de nouveau pu profiter de la fraicheur de l'Himachal Pradesh, et de ses paysages, vraiment proches des Alpes:en ouvrant les volets de ma chambre, je me suis vraiment cru en Savoie pendant quelques secondes.

Quelques photos de pietre qualite prises au portable pour vous donner une idee:

La je me dis que j'ai pas choisi la bonne vallee

En fait si, et je vais meme manger chaud


Manto
Saadat Hussein de son prenom, Manto (1912-1955) est souvent compare a Maupassant. C'est vrai que son immense talent pour les histoires courtes et son interet litteraire pour les prostituees m'ont fait pense aux nouvelles du maitre du genre. En ajoutant que Manto etait un serieux buveur et que Maupassant etait normand, la boucle est bouclee. En lisant ses nouvelles, j'ai ete frappe par sa maitrise de la forme (pas une ligne n'est de trop), par la variete de ses personnages et par la subtilite avec laquelle il arrive a decrire les sentiments les plus ambigus dans des themes aussi ecrasants que la guerre, les massacres inter-religieux ou la mort d'un enfant.
C'est la premiere fois que je lis un auteur Indien qui n'ecrit pas en anglais (ourdou en l'occurrence) et si par hasard ses bouquins sont traduits en francais, je vous les conseille absolument.

2 commentaires:

MusicoMania a dit…

bon anniversaire maroufle!

MusicoMania a dit…

(soeurette)