vendredi 2 avril 2010

"Tout ce que je sais de l'Inde, je le dois au football"

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Bon OK je vais un peu loin en deformant autant cette fameuse citation d'Albert Camus (et remplacer la morale par l'Inde, il faut oser...) mais il fallait un signe fort pour briser le long silence de ce blog a propos de ma petite routine matinale: le p'ti foot avec les employes de la Bhilai Steel Plant (BSP par la suite).
Ce matin donc, comme tous les matins depuis 3 semaines (moins ceux avec une excuse valable ou non, au final environ un matin sur 3) apres un difficile reveil a 6h, j'ai avale en vitesse ma potion magique a base de yaourt, bananes et spiruline (speciale cassededi a Vinz, si vous connaissez pas la spiruline rendez vous fissa sur http://www.nakura.fr/), enfourche mon vieux velo d'occase a 17 euros (quelle arnaque!) et pedale 1 km jusqu'au stade du Bhilai Steel Plant Football Club.
Avec 80 000 employes de la BSP, le BSPFC n'a rien a envier au RC Lens ou autres stephanois en matiere de tradition ouvriere. Pourtant il reste englue en milieu de tableau de la premiere league indienne, pas si etonnant que ca vu la frequence des entrainements (un par semaine les bonnes semaines) et l'etat deplorable du terrain: ces abrutis arrosent au tuyau une terre ultra seche, le resultat est un patchwork de sahel Malien et de marecages style Floride. Anyway je ne joue jamais avec ces branleurs surpayes du BSPFC mais en revanche j'ai trouve un groupe d'une quinzaine d'employes de la BSP qui se retrouvent 6 jours sur 7 pour un petit foot matinal. Autant dire que c'est le kif: il est loin le temps de Delhi ou ma seule activite sportive etait de lever le bras pour appeler un richshaw, cette fois ci mes jambes de gazelle et mon sens du but ont trouve un terrain d'expression (ou pas).
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Si je me decide enfin a en parler maintenant, c'est d'abord parce que culturellement je peux dire que la session d'aujourd'hui etait riche en enseignements sur le pays: Deja sur la rivalite indo-pak, pendant l'echauffement mes coequipiers etaient tres remontes contre le marriage de Sania Mirza avec un cricketer pakos. Je suppose que vous ne connaissiez pas le nom de la meilleure joueuse de tennis Indienne mais moi si: En juillet dernier en allant voir un bollywood avec Pooja a Piccadilly je m'etais etonne de l'emeute cree par cette jeune personne et Poopoo avait du me briefer sur la 'Kournikova Indienne'. Comme il se doit elle s'etait faite sortir au premier tour de Wimbledon et avait donc du temps libre pour aller au cine, et qui sait, se faire draguer par un cricketer Pakos. Pour revenir a la colere de mes coequipiers, je dois reconnaitre que le president de la fede pakistanaise de tennis s'est foutu du monde en disant: "as a decent Asian woman, she should follow her husband and play for Pakistan from now on".
Deuxieme enseignement culturel, la delicate question de la terre en Inde: 2 minutes apres le debut du match on a failli se battre avec un groupe qui pratiquait le yoga pres du poteau de corner alors que la moitie du stade etait vide... Il semble qu'ils n'aient pas ete avertis dans les formes d'ou le conflit, heureusement regle sans bain de sang cette fois.
Enfin troisieme et dernier enseignement, le respect du chef, en l'occurrence du "coach of the field", un concept assez difficile a definir, une sorte d'Elie Baup en 2 fois plus fort vu que le bonhomme porte non pas une mais deux casquettes (empilees) vissees sur sa tet. Pour les non footeux, disons que le Coach est le maitre absolu sur le terrain, ce qui cree des problemes d'equite vu qu'il joue dans une des equipes et que jusqu'a present son equipe n'a jamais perdu. Son jeu est excessivement enervant (il ne fait rien que balancer des grands ballons devant) mais evidemment personne n'ose le mettre en question. Grace a son sifflet strident qu'il utilise trop a mon gout, le coach sert aussi d'arbitre.
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Au dela de ces passionnants aspects culturels, la seance de ce matin fut egalement interessante d'un point de vue footballistique. Comme on n'etait pas tres nombreux, on a decide de jouer contre les jeunes du coin (d'habitude le coach les vire du terrain d'un bon coup de sifflet) et a ma grande surprise, la generation des 25-45 ans a battu les jeunes gunners (18-25 ans) sur les score de 2-1. Bien sur les premiers mots qui me viennent a l'esprit sont "merci Coach", mais honnetement il n'y avait pas que ca, la roublardise et le metier des vieux ont bien maitrise la fougue de la jeunesse et avec un peu moins de maladresses de la part des 3 clampins qui campaient en attaque, on aurait largement pu aggraver le score. Sur le plan personnel, grosse satifaction puisque j'ai marque mon premier vrai but depuis mon arrivee a Bhilai (je compte pas les 2 premiers: un contre sur le degagement du gardien et un but facile apres avoir recupere le ballon en faisant le pressing sur un defenseur obese). Donc, suite a une frappe de mule de Coach sur coup franc, contree par un defenseur, j'ai recupere le cuir pour le placer au ras du poteau au milieu d'une foret de mollets grassouillets. Chanceux mais important vu c'etait le but de l'egalisation.
Tout ca pour dire que le match de ce matin ainsi que ma deuxieme vie de footballer au pays du cricket valaient bien ce long post, sur ce Bonsoir, a vous Paris!

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