dimanche 21 février 2010

Aisa desh hai mera (ainsi est mon pays)

Apres les petits errements scatologiques des premieres semaines, Mother India a decide qu'elle avait suffisament teste la resistance de son dernier rejeton adopte, et ces derniers jours, je suis de nouveau subjugue par la beaute, la richesse, et les bonnes blagues du sous-continent. Cette semaine idyllique a donc commence par un voyage express a Bombay pour le boulot (Merci Karine pour la visite). Si je ne suis reste que quelques heures, j'ai ressenti une reelle attirance pour cette VILLE car Bombay est bien une ville avec sa culture et son athmosphere, contrairement a la majorite des agglomerations du pays qui sont avant tout des verrues polluees et puantes toutes recentes sur la vraie face rurale de l'Inde. Je compte les jours avant l'arrivee de Pooja et la visite en amoureux de sa ville natale.
Je passe sous silence les details sur les jours de boulot, et j'en arrive a la fin de semaine et a la celebration des 50 ans de marriage de Kailash Saran Agrawal (KS) et Madame (dont personne n'a juge utile de me donner le prenom) 'The function' a rassemble une centaine de parents et d'amis du patriarche de la famille Agrawal, ancien patron de presse d'un titre local et bien connecte avec les politiciens de l'Etat.
Comme on peut l'imaginer la quantite de bouffe etait astronomique et le couple de platine a recu exactement 50 cadeaux (pour une fois que les indiens font dans la logique). Sans parler des spectacles de danse offert par les petits enfants.. enfin j'espere qu'on n'en parlera plus parce que j'ai ete traine de force sur la scene, pour 'onduler' sur du bon classique bollywoodien, je prefererais que cette histoire finisse ailleurs que sur Youtube. D'un autre cote c'est pas si complique de danser sur des hits de films hindis, il suffit de faire semblant de changer une ampoule (mon boulot quoi) en alternant les bras.
Sinon j'ai bu du whisky: D'abord avec la generation de KS, qui preside le laughter club de Raipur: Un club de vieux notables qui se reunit tout les matins pour echanger des blagues de cul ou anti- musulmans. Si j'etais billingue en hindi j'aurais plus profite de ce happy few, les quelques blagues traduites n'etaient pas hilarantes, par contre voir toutes ces figures locales litterallement rugir de rire valait son pesant de cahuetes.
Puis j'ai ete relegue dans la generation inferieure, des 40-50 ans qui a leur age continuent a boire en cachette dans leur voiture en eteignant la lumiere des que bobonne passe avec les gosses: C'est du propre! Quoiqu'il en soit les 2 contributions m'ont permis de survivre a l'epreuve de la scene.

Voila pour la rubrique richesse (gastronomique) et bonnes blagues, samedi matin, plutot que de rester a Raipur cuver mon scotch, je me suis fait violence pour aller visiter le parc national de Kahna a 200 km de Bhilai dans l'etat du Maddhya Pradesh, avec l'espoir d'apercevoir un tigre royal du Bengale (une idee fixe depuis que j'ai fini 'Life of Pi'). Hamdullah, je suis tombe sur un tres bon numero avec le chauffeur, Raju et on a tape la discute tout au long des 4 heures de route. A force de le pratiquer au boulot, mon hindi commence a prendre forme et j'ai eu le plaisir de depasser le traditionnel tryptique (Bollywood/Famille/Religion) Au fait Raju est musulman ce qui rajoute donc une rubrique musique soufi. Cette fois j'ai pu parler en details du projet de Banyan et de nos difficultes avec les politiciens ce qui a declenche une diatribe de Raju-bhai: contre la discrimination positive qui favorise les intouchables hindus et ignore les pauvres muslims; contre le riz vendu 2Rs le kilo seulement aux foyers BPL (below poverty line) qui le revendent ensuite 15Rs sur le marche et enfin contre le kerosene subventionne (moins cher que l'eau!) dans les zones rurales, que les petits malin de camionneurs melangent avec le diesel: mortel comme idee! Peu avant l'arrivee dans le parc on decide de prendre un raccourci ce qui cause un petit imprevu, assez marrant en images.

Merde, un tas de sable barre la piste, je propose de demander au gamin d'aller chercher un pelle et de se/le mettre au boulot:


Pas la peine repond Raju, qui fait confiance aux capacites de franchissement de la Tata Indicar:

Back on tracks:




Une fois dans le parc, je me rend compte que j'ai encore oublie mon passeport comme un abruti. Les gardes me chargent 1000 Rs extra et je suis tellement enerve que je vais passer 1 heure a negocier et a obtenir une reduction de 20% sur la pension complete dans le lodge. Essayer de compenser ses erreurs en faisant passer le cout sur quelqu'un d'autre, un comportement typiquement Indien parait-il....
Ce matin a 6 heures (apres avoir reveille moi meme le guide et Raju), Chalo c'est parti pour la visite de Kahna, la junge de Kipling, rien que ca. Prem, un employe du parc embarque dans la jeep a l'entree. Il me guarantit de voir au moins un tigre. "Jure le sur ta mere!", je lui reponds en hindi et ca jette un froid d'une dizaine de minutes: c'est bien d'apprendre des langues mais faut faire gaffe au registre, visiblement dans les campagnes du Maddhya Pradesh, on n'est pas habitue a l'argot bombayite que j'apprends dans les films...
4 heures plus tard, on a rien vu d'autre que des troupeaux de cerfs dans cette jungle qui ressemble au bois de boulogne: j'aurais mieux fait de rester a Londres et d'aller a Richmond Park. Alors que j'ai pratiquement perdu tout espoir, mon instinct de chasseur se reveille: Mmmm, 4 jeeps bourees d'allemands qui mitraillent au teleobjectif pres d'un point d'eau... je hume le fauve: effectivement le gros matou est bien la en train de lapper dans l'etang, mais avec mon petit compact rien a en tirer. Heureusement Prem a l'idee geniale de prendre la bete a revers, avant qu'il ait fini sa pinte: Quand 5 minutes plus tard, l'animal (une femelle) se lasse des paparazzis pour retrouver son homme dans la jungle, il traverse la piste a 15 metres a peine de notre jeep: Une vision inoubliable, voyez plutot:

Les allemands auront quand meme le dernier mot avec leur zoom quand le male pointera son enorme gueule, a une cinquantaine de metres de la piste.
Au retour, alors que je m'apprete a pioncer, Raju me met la larme a l'oeil en me racontant l'histoire de son 'love marriage' So it was not arranged you are sure? No, no it was love only!
T'as gagne Raju, on va se faire les 200 bornes de retour comme des gays avec un ecouteur chacun et se passer en boucle toute la playlist en hindi de mon ipod.

Finalement ces oublis recurrents de passeports sont peut etre un signe de ce transfert d'identite nationale comme on dit en France, et pour vous donner une idee de mon immersion totale, voici, dans l'ordre kilometriques des images de la route Kahna-Bhilai. Il y a 2 semaines j'aurais appele ca le trou du c*** de l'Inde mais la je dirais plutot : Le nombril de Mother India.

1 commentaire:

Unknown a dit…

très beau tigre au saut de l'allée
2 coup de douze
voilà, merci
JC beauf