
Ce week-end, pour la première fois, j'ai quitté le ghetto de South Delhi. Bien sûr j'étais déjà allé à Old Delhi visiter les monuments moghols et acheter des vieilles affiches de Bollywood mais c'était toujours dans le mode du touriste south delhite en excursion alors que cette fois je me suis senti libéré du poids de mon identité Lajpat Nagarienne.
Chaque créateur reconnait un lieu comme le centre du monde, pour Salvador Dali par exemple, c'était la gare de Perpignan. C'est autour du théâtre en plein air du campus nord de la Delhi University que s'est constitué l'univers poétique de Rajan. Effectivement j'ai passé en ce lieu magique un très bon moment samedi après midi, à parler italien avec deux étudiants du Bihar, qui trouvaient mon niveau perfectible mais suffisant. Auparavant, on s'était arrêté sur la route d'abord pour discuter avec des bayas (frère en hindi) immigrés des villages puis pour photographier les belles gitanes rajasthanies. Pour les remercier de leur charmante participation à cette séance, je leur ai acheté un grand pot en terre cuite avec un robinet pour ma chambre (vu la quantité d'eau que je bois quotidiennement, il devrait servir).
La suite de la soirée s'est poursuivie de façon nomadique: Après m'être gavé de samossas et de clips de Bollywood (tout ce que l'Inde a de plus indigeste) chez un ami de Rajan avec les italianisants, j'ai retrouvé des connaissances indiennes à Connaught Place pour subir un match de cricket sur écran géant puis on est allé dans l'appart d'un gars de leur groupe de potes que je ne connaissais pas. Mais après les riches heures avec les bayas, j'etais un peu irrité par ce sale gosse qui conduisait la voiture de papa à 100 à l'heure avec deux grammes dans le sang au mépris du droit à l'existence des villageois en pousse pousse. Donc malgré l'agréable compagnie présente chez ce gros plouc, j'ai préféré rejoindre mon cercle d'expat dans une grosse soirée à Malviya Nagar. Les gens étaient déjà bien imbibés quand je suis arrivé, cela dit je ne devais pas être tellement plus frais, car j'ai réussi un joli coup (qui rappellera un évènement bien particulier à certains): J'étais assis à siroter ma bière sur une sorte de canapé-balançoire surmonté d'un petit toit de tuiles. Pour saluer affectueusement avec les pieds un ami qui venait d'arriver, je me suis accroché à l'axe de rotation de la balançoire dans la position dite de la chauve souris. Malheureusement j'ai mal évalué le mouvement de mes jambes, et avant d'atteindre mon pote, j'ai heurté le toit et cassé quelques tuiles...
A part ce petit accident, j'ai passé une bonne soirée jusqu'à l'aube (le soleil se lève très tôt à Delhi), et nous avons alors décidé d'aller profiter de la lumière du matin pour faire un tour à la grande mosquée. Bien nous en a pris, sous une légère pluie, la température était délicieusement fraîche et avec le reflet des batîments sur les dalles mouillées, la mosquée était plus belle que jamais. J'avais commencé ma nuit sous les arcades (beaucoup de fidèles dorment là d'ailleurs) quand un pote impoli m'a réveillé pour aller prendre un brunch à l'american dinner. Après une journée de 27 heures, le dimanche fut assez comateux, et c'est dommage car je n'ai sans doute pas pu apprécier à sa juste valeur l'Imperial Hotel, somptueux palace Art Deco, où je suis allé dîner avec la famille Powell, chez qui j'avais passé quelques jours à Atlanta. Enfin j'ai quand même trouvé la cuisine du restaurant thaï succulente et les Powells sont toujours aussi marrants.
Voilà, j'ai pris quelques photos de ma longue journée de samedi:
http://picasaweb.google.fr/marc.flepp/DelhiteErrant
Après de tels week end de Delhite errant, je me demande bien ce que j'irais foutre à photographier des forts rouges dans le Rajasthan.
3 commentaires:
T'as gouté le narguileh des gitanes rajasthanies ?
t'as tout compris garçon
le week end faut pas dormir et il faut arreter d'aller visiter des temples et autres saloperies chiantes
Non j'avais pas très envie.
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