Lundi soir, tous les stagiaires polytechniciens du CSH étaient invités à une réception à l'Ambassade de France, en l'honneur d'une délégation de sénateurs de la commission des affaires culturelles en mission sur le système universitaire Indien. Je m'étais habillé pour la circonstance: Converses achetées en Inde, pantalon élimé, ceinture Marine Nationale, et chemise achetée 100 roupies sur le marché, rentrée dans le pantalon naturellement, on n'est pas des macaques. Heureusement, j'avais prévenu mes camarades et c'est donc une bande de quatre étudiants désargentés qui a représenté l'école.
Le cocktail, suivi d'un dîner placé, avait lieu dans le splendide jardin, au gazon digne d'une pelouse écossaise (il n'a pas plu à Delhi depuis 2 mois) et aux arbres illuminés pour l'occasion. Nous avons eu le plaisir de discuter avec quelques sénateurs, en particulier avec celui du Vaucluse, très sympathique. Au fil de la conversation, j'ai appris que pendant un mandat de 9 ans, on a le temps de se faire plein de potes sénateurs, de choisir les bonne assoces (la commission des affaires culturelles en est une) et de voyager avec les potes de ses assoces. Un mode de vie très proche de celui des grandes écoles en fait. Malheureusement, le mandat est en train d'être raccourci à 6 ans, la vie étudiante ne dure pas éternellement. Comme leurs homologues ingénieurs ou commerciaux, les sénateurs ne sont pas très au point sur leurs dossiers: Ils ne souvenaient d'aucun des noms des universités visitées. Par contre ils avaient apprécié le restaurant de leur hôtel et ils connaissaient la suite du programme: Bombay et "Bogaloure, Bagalore un truc comme ça" histoire de comprendre un peu ce qui se fait dans les nouvelles technologies. Ils comprendraient peut être un peu plus s'ils parlaient l'anglais, mais comme l'expliquait le sénateur de la Somme, l'enseignement des langues de leur époque a trop privilégié "un anglais écrit". Cela faisait déjà trop longtemps que l'on parlait de ces sujets quand le visage du provençal s'éclaira; sans transition, il me dit: Le Paris Saint Germaing a perdu 3-0 (j'ai dû m'incliner intérieurement devant la fameuse intuition des hommes politiques). Suivirent dix minutes de polémiques entre les sénateurs pro et anti PSG. Rien à dire, ils maitrisent ce dossier.
Bon, je me rend compte que ce post est aussi chiant qu'une réception à l'Ambassade mais je continue un peu pour vous faire ressentir l'atmosphère diplomatique.
Avant de passer à table on a été violemment abordé par un géant de deux mètres, qui s'est avéré être l'amiral commandant l'état major embarqué pour l'océan indien. On ne lui avait rien demandé, pourtant il est parti dans une longue tirade sur son rôle dans la libération des otages des pirates en Somalie, sur la vocation de paix de l'armée ("parce que les pirates, on aurait pu les dézinguer sur la plage avec nos hélicos") et sur le partenariat maritime avec l'Inde. Au bout de dix minutes, Loïc parvient à en placer une et demande: "Et dans l'affaire des pirates, quelle a été cette coopération ?". "Aucune, nous ne nous sommes pas concertés dans cette affaire" répond l'amiral qui repart pour dix minutes. Impressionnant !
Je ne m'étend pas sur le diner, délicieux et au cours duquel j'ai écouté sans comprendre et répondu aléatoirement à un ingénieur indien. Bilan de cette soirée: on peut bien sacrifier le deuxième porte-avion tant que les réceptions de la représentation française conservent leur éclat, quant à l'expression "mener un train de sénateur" elle n'est pas volée.
Le cocktail, suivi d'un dîner placé, avait lieu dans le splendide jardin, au gazon digne d'une pelouse écossaise (il n'a pas plu à Delhi depuis 2 mois) et aux arbres illuminés pour l'occasion. Nous avons eu le plaisir de discuter avec quelques sénateurs, en particulier avec celui du Vaucluse, très sympathique. Au fil de la conversation, j'ai appris que pendant un mandat de 9 ans, on a le temps de se faire plein de potes sénateurs, de choisir les bonne assoces (la commission des affaires culturelles en est une) et de voyager avec les potes de ses assoces. Un mode de vie très proche de celui des grandes écoles en fait. Malheureusement, le mandat est en train d'être raccourci à 6 ans, la vie étudiante ne dure pas éternellement. Comme leurs homologues ingénieurs ou commerciaux, les sénateurs ne sont pas très au point sur leurs dossiers: Ils ne souvenaient d'aucun des noms des universités visitées. Par contre ils avaient apprécié le restaurant de leur hôtel et ils connaissaient la suite du programme: Bombay et "Bogaloure, Bagalore un truc comme ça" histoire de comprendre un peu ce qui se fait dans les nouvelles technologies. Ils comprendraient peut être un peu plus s'ils parlaient l'anglais, mais comme l'expliquait le sénateur de la Somme, l'enseignement des langues de leur époque a trop privilégié "un anglais écrit". Cela faisait déjà trop longtemps que l'on parlait de ces sujets quand le visage du provençal s'éclaira; sans transition, il me dit: Le Paris Saint Germaing a perdu 3-0 (j'ai dû m'incliner intérieurement devant la fameuse intuition des hommes politiques). Suivirent dix minutes de polémiques entre les sénateurs pro et anti PSG. Rien à dire, ils maitrisent ce dossier.
Bon, je me rend compte que ce post est aussi chiant qu'une réception à l'Ambassade mais je continue un peu pour vous faire ressentir l'atmosphère diplomatique.
Avant de passer à table on a été violemment abordé par un géant de deux mètres, qui s'est avéré être l'amiral commandant l'état major embarqué pour l'océan indien. On ne lui avait rien demandé, pourtant il est parti dans une longue tirade sur son rôle dans la libération des otages des pirates en Somalie, sur la vocation de paix de l'armée ("parce que les pirates, on aurait pu les dézinguer sur la plage avec nos hélicos") et sur le partenariat maritime avec l'Inde. Au bout de dix minutes, Loïc parvient à en placer une et demande: "Et dans l'affaire des pirates, quelle a été cette coopération ?". "Aucune, nous ne nous sommes pas concertés dans cette affaire" répond l'amiral qui repart pour dix minutes. Impressionnant !
Je ne m'étend pas sur le diner, délicieux et au cours duquel j'ai écouté sans comprendre et répondu aléatoirement à un ingénieur indien. Bilan de cette soirée: on peut bien sacrifier le deuxième porte-avion tant que les réceptions de la représentation française conservent leur éclat, quant à l'expression "mener un train de sénateur" elle n'est pas volée.
4 commentaires:
Y avait-il des ferreros?
même pas, pourtant tout le monde en a demandé.
Salut Marc !
Je viens de rejoindre ton blog sur conseil des deux Nico, ils avaient raison : je me suis bien marré.
Je suis à Pau et je me marre bien, même si ça manque d'exotisme (enfin, une bonne poule au pot, ça vaut quand même un poulet Tandori).
See ya on that page web !
Lichtouille
POur les ferreros, je commence vraiment à croire que c'est un mythe... Y'en avait pas non plus chez l'ambassadeur de France au Nicaragua...
Sinon, à défaut d'avoir tes impressions de poète urbain, on peut savoir ce que tu fais en Inde ?
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