lundi 14 avril 2008

Choisir la bonne religion: le sikhisme

Normalement je devrais commencer ce blog par mes "impressions urbaines" après une semaine dans une "métropole asiatique de 15 millions d'habitants", mais je n'ai pas trop l'âme d'un poète urbain, comme dit le routard quand il conseille de visiter des quartiers glauques et insalubres, ces impressions tiendront donc en deux adjectifs: bruyante et boisée, c'est la jungle quoi. Pour les récits épiques de slaloms en rickshaw et de périlleuses traversées d'avenues au pays où on roule à gauche et à droite, consultez les pages généralités des guides de voyage, elles sont assez proches de la réalité.
Comme introduction à ces 4 mois en Inde, je vais parler de choses plus essentielles, à savoir la découverte des religions indiennes. Contrairement à la France, l'Inde n'est pas un pays de mécréants et la religion constitue une partie inaliénable de l'identité de chaque Indien. Cette premère semaine, j'ai surtout découvert les minorités, je n'ai pas encore eu l'opportunité de m'intéresser à l'hindouisme, et je garde encore mon impression initiale concernant la religion de 900 millions d'Indiens: l'hindouisme, c'est la brigade du kitsch.
Donc mercredi je suis allé dans le vieux quartier musulman de Nizzam ud din avec un collègue, déposer des fleurs sur la tombe du saint éponyme et écouter de la musique soufie car Tato (c'est le nom du collègue) connait un des chanteurs. Les ruelles du 12ème siècle font deux mètres de large pourtant elles sont aussi fréquentées que les Champs Elysées le samedi soir. Du coup, on se croirait dans un concert de punk tzigane, tout le monde se touche et se pousse pour approcher de la tombe. La musique soufie est complètement envoûtante, au risque de déclencher une émeute j'affirme qu'elle surpasse infiniment la pop hindi. Après cette cérémonie, on profite de l'espace libéré par l'appel à la prière du soir pour aller manger un morceau dans un restaurant du coin avec le musicien. Tato m'explique alors ce qu'il aime dans le soufisme, sans être musulman (avant de pénétrer dans le sanctuaire il a acheté des chewing gums pour dissimuler l'odeur des bières que l'on venait de se descendre), il apprécie cette spiritualité pour son idéal de libération de l'âme, sa musique et sa littérature. Décidément Omar Khayyam me suivra toute ma vie... Quoiqu'il en soit, le repas était délicieux, et à part la honte de porter mon T-Shirt noir du binet Kebab au milieu de l'assemblée des fidèles en tunique blanche, j'ai passé une très bonne soirée. Islam 1, Hindouisme 0.
Samedi, j'ai visité Old Delhi avec deux amies de la copine d'un pote qui venaient d'arriver en Inde. Tout a commencé comme une visite touristique lambda, fort rouge, bouteille d'eau, Chandni Chawk, bouteille d'eau, restau indiqué à la fois par le routard et le lonely, grande mosquée, bouteille d'eau, ascension du minaret, photo de la vue panoramique (pas avec mon appareil, que je n'ai pas encore acheté), et visite d'un temple sikh. Et c'est là que tout commence, un sikh d'une cinquantaine d'année commence à me prendre par le bras et à me raconter l'histoire du neuvième gourou des sikhs. Normalement, je devrais l'envoyer voir à la grande mosquée si j'y suis, comme tous les pseudo-guides et autres rabatteurs qui essaient de nous extorquer quelques roupies depuis le début de notre circuit. Seulement là, mon instinct me dit de faire confiance au prosélithe: contrairement à ces mécréants, il n'en veut pas à mon portefeuille mais à ma foi. Et après une après-midi passée en compagnie d'Harbhajan (le nom de mon nouveau gourou), je ne suis pas déçu, au contraire, je suis pratiquement converti. Après nous avoir fait visiter un musée dont les tableaux racontent l'histoire du sikhisme, depuis les 10 gourous jusqu'à notre époque en passant par le romantique Baghat Singh, héros de l'indépendance, il nous emmène dans le plus grand temple de la capitale. Fasciné par la force spirituelle du lieu et l'accent penjabi de Harbhajan, les pieds qui barbottent au milieu des poissons chats dans l'eau bénite du grand bassin, je découvre émerveillé l'histoire de ce palais devenu temple par la volonté d'une reine convertie au sikhisme par le 8ème gourou, un enfant de 8 ans qui s'est sacrifié pour sauver la ville de la famine. Après un bon plat de lentilles, nous nous séparons et je promet à Harbhajan de visiter le temple d'or d'Amritsar, premier lieu saint des sikhs avec lui.
"Le sikhisme est une religion monothéiste respectueuse de la personalité de chacun, elle refuse le système des castes ainsi que la violence." En tous cas, l'histoire des 9 gourous est plus palpitante que l'Affaire Tournesol et le comte de Monte Cristo réunis, la minorité sikh (3% de la population) a un niveau de vie bien supérieur à la moyenne nationale, et les hommes sikhs sont grands et forts (pensez aux méchants avec un turban dans Indiana Jones) quand les hindous et les musulmans sont maigres et chétifs.
Je prendrai la décision de me convertir ou non l'année prochaine, à Londres, principale destination de la diaspora sikh.

4 commentaires:

XFM a dit…

aaaaa dans quel état allons nous retrouver notre marc à son retour d'Inde?

KeepInTouch a dit…

Yooo Marc,
Living in India makes you sikh ? Hahaha je crois que c'est mon premier jeu de mot en anglais, moment historique. Vive ton blog et Omar Khayyam !

Anonyme a dit…

Bonne fête petit.

Max a dit…

Merci Marco pour ton commentaire ! Bon, je viens à peine de commencer, donc je ne vais pas m'éterniser à commenter ce premier article. Donne moi quelques jours pour rattraper mon retard.

Je te laisse, je m'envole pour Managua, puis New York !